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    Buster Brown est une bande dessinée créée par Richard Felton Outcault en 1902 dans les pages du dimanche du New York Herald. Elle tire son nom de son personnage principal, un petit garçon aux yeux ronds qui, malgré les conseils de son chien Tige, passe son temps à faire des farces qui se retournent contre lui. Le strip connaît un succès immédiat aux États-Unis comme à l'étranger (il est traduit en français dès 1903) et fait l'objet d'une exploitation commerciale intense (plus de cinquante franchises). Après 1909, Outcault se désintéresse cependant du personnage et ne l'anime plus qu'épisodiquement jusqu'à sa mort en 1928.


    Buster Brown est un jeune américain de la haute bourgeoisie (son père a une voiture, de nombreux domestiques, sa mère de somptueuses toilettes, etc.). Il est très farceur (il cloue la malle au plancher avant un voyage, il attache des patins à roulettes aux pieds de son oncle endormi et le réveille en sursaut, etc.), mais aussi très malchanceux (il se fait asperger en passant près des pompiers lors d'un incendie, son chien est emporté par son cerf-volant, etc.) et aventurier (il tente de conduire la voiture de son père, de chevaucher les animaux de la ferme, etc.).
     
    Cela fait que, malgré les conseils de sagesse de son chien, les histoires (qui durent généralement une page) se terminent toujours en catastrophe. Sa mère lui administre alors une fessée magistrale, généralement au moyen d'une brosse à cheveux, et il publie une résolution écrite, commentant son aventure.
     
    Certaines de ces résolutions sont ouvertement anticléricales. L'une d'entre elles lui fait prononcer la phrase, devenue célèbre presque un siècle plus tard : « je suis responsable, mais non coupable ». On suppose que Tige est le premier animal de compagnie parlant à apparaître dans les bandes dessinées américaines, et, comme beaucoup de ses successeurs, les adultes ne tiennent pas compte de son avis.

     

    Buster Brown et son chien Tige apparaissent en 1897 dans « Buster Brown’s bath », un épisode du Yellow Kid, la série-phare d'Outcault, alors publiée dans le New York Journal de William Randolph Hearst1. Le nom « Buster » vient soit directement, soit indirectement de la popularité de Buster Keaton alors enfant-star de vaudeville. Outcault ne réutilise cependant pas le personnage dans l'immédiat.
     
    En 1900, Outcault lance dans les pages du dimanche du New York Herald la série humoristique Lil Mose ; deux ans plus tard, face au manque de succès de ce « petit noir cocasse », il décide de créer une nouvelle série1. L'auteur se rappelle alors Buster Brown et son chien, et étoffe son univers, lui adjoignant une sœur (Mary Jane) et des parents, tous inspirés par la famille de son ami John Golden1. La première planche paraît dans le supplément du dimanche du 4 mai 1902 : la série connaît rapidement un très grand succès1. Des albums sont édités dès 1902 aux États-Unis, mais aussi dans d'autres pays, dont la France1.
     
    En 1904, George Warren Brown, propriétaire d'une marque de chaussures de Saint Louis (Missouri), la Brown Shoe Company, décide sur les conseils de John Bush, un de ses commerciaux, de profiter de la popularité du personne pour l'associer à son entreprise, en vue de sortir les premiers modèles à l'exposition universelle qui se tient la même année dans la ville. Désireux d'exploiter encore plus le succès de son personnage, Outcault décide de vendre les droits de son personnage à tout industriel prêt à en payer le prix2. Il monte un stand à l'exposition et réussit au-delà de ses espérances : plus de cinquante sociétés s'associent aux personnages, pour des produits très variés, des bougies au whisky3. Buster Brown est toujours en 2010 le symbole de la Brown Shoe Company, ainsi que des Buster Brown Textiles de Wilmington (Delaware).
     
    En 1905, Hearst parvient à débaucher Outcault, et les facéties de Buster Brown sont publiées à partir de janvier 1906 dans le New York American1. Suite à un procès, le New York Herald conserve les droits sur le titre de la série, mais les planches qu'il fait réaliser par des auteurs anonymes sont de mauvaises qualité et leur publication cesse dès 19111. Parallèlement, Outcault anime donc sa série, renommée Buster and Tige, dans le journal de Hearst. À la fin de la décennie la popularité de Buster Brown finit cependant par décroître et la série par lasser son auteur1. Outcault la délaisse à partir de 1909 tout en continuant à réaliser épisodiquement des planches. La dernière paraît en 1926, deux ans avant la mort de l'auteur.
     
    Des nains furent utilisés par la compagnie de chaussures Brown pour jouer Buster dans des tournées aux États-Unis. Ces nains, qui étaient toujours accompagnés d'un chien, se produisirent dans les rayons de chaussures, les théâtres et les magasins de chaussures de 1904 à 1930. Une série de courts-métrages furent produits vers la fin des années 1920 par Stern Bros. Pete the Pup (qui jouait Tige) et le metteur en scène Gus Meins furent ensuite associés avec les comédies populaires Our Gang (Little Rascals).


     


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  • The Yellow Kid (« l'enfant en jaune » en français) est un des premiers personnages de bande dessinée américaine. Il a été animé par Richard Felton Outcault de 1894 à 1896 dans la série Hogan’s Alley, puis de 1896 à 1898 dans McFadden’s Row of Flats. George Luks a également illustré Hogan's Alley de 1896 à 1898.

    La première publication d’Hogan’s Alley, en noir et blanc, date du 2 juin 1894 dans Truth, apparaissant dans le cadre d'un dessin d'une demi-page montrant des enfants faisant des bêtises et illustrant un texte, puis, dans le même contexte, dans le New York World le 17 février 1895. Le dessin est dominé par un petit garçon habillé en jaune, qui devient vite un personnage extrêmement populaire, suscitant le commerce de produits dérivés (du savon au whisky) et poussant les patrons de presse américains à engager de nouveaux dessinateurs pour qu'ils créent de nouveaux personnages.
     
    En 1896, Outcault est embauché par William Randolph Hearst pour illustrer la couverture du New York Journal American. La série, renommée McFadden's Row of Flats prend alors un tour plus vulgaire. De son côté, le New York World engage George Luks pour poursuivre Hogan's Alley. À partir du 25 octobre 1896, 18 des histoires d'Outcault sont narrées sous la forme de bande dessinée, contribuant à populariser la forme. En 1898, les deux séries cessent.


    Bien qu'Arthur Burdett Frost ou Charles Saalburgh eussent déjà publié des bandes dessinées dans le pays, le succès du Yellow Kid fait que la série a été considéré par les premiers chercheurs des années 1960 non seulement comme la première bande dessinée américaine et le premier strip de presse du dimanche mais également comme la première bande dessinée dans l'absolu1. On y voit également souvent le précurseur de l'utilisation du phylactère en bande dessinée, alors que Mickey Dugan s'exprime, sauf le 25 octobre 1896 (et là dans un cadre rhétorique très précis), toujours sur son vêtement et que les autres usages du phylactère sont avant tout des contrepoints humoristiques au texte2.
     
    Ces conceptions, rendues caduques dès le début des années 1970 par les travaux de David Kunzle, puis plus encore par les recherches de Thierry Groensteen à la fin des années 1980, sont cependant encore aujourd'hui assez majoritaires, et expliquent qu'en 1996 de nombreuses institutions (Poste américaine, Centre belge de la bande dessinée) et organes scientifiques (L'Histoire, etc.) aient célébré le centenaire de la bande dessinée3. Cependant, le Yellow Kid, par sa popularité, a permis le développement d'autres bandes dessinées aux États-Unis, et a popularisé l'usage du phylactère. Thierry Smolderen considère que la série « a fait entrer les illustrés dans l'ère de l'audio-visuel4 », bien que le personnage britannique Ally Sloper ait été le premier personnage de bande dessinée à être massivement utilisé dans la culture de masse et adapté vers d'autres médias des années 1870 aux années 19005
     
    Le nom du Yellow Kid a été donné au prix attribué une fois tous les deux ans lors du Festival de bande dessinée de Lucques (Italie).

     

     


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