• Christophe

      

    Marie-Louis-Georges Colomb, dit Christophe (Lure (Haute-Saône), 25 mai 1856 - Nyons, 3 janvier 1945) est un des précurseurs de la bande dessinée en France et un biologiste auteur de manuels scolaires.
     
    Christophe est surtout connu pour être l'auteur d'histoires illustrées parues en feuilleton à la fin du XIXe siècle. Très fin observateur de la société, inspiré par les images d'Épinal, il est le créateur de personnages comme le savant Cosinus, le sapeur Camember, La Famille Fenouillard et les lutins Plick et Plock.
     Le texte de ses œuvres se caractérise par un vocabulaire extrêmement recherché, et, par ailleurs, riche en allusions culturelles, littéraires, historiques et géographiques autant que scientifiques. Le calembour subtil y a aussi ses droits au service d'un humour parfois loufoque comme dans Les Malices de Plick et Plock, parfois satirique (La Famille Fenouillard), ironique mais toujours tendre.
     La notoriété de ses planches ne doit pas faire oublier qu'il a participé pleinement à la vie de son époque. Ami de Jean Jaurès, de Baudrillard et de Tristan Bernard, il fut également botaniste de renom et pédagogue moraliste. Il a donné également des cours particuliers aux enfants Dreyfus à l'époque de l'affaire.


    Biographie
     
    Fils du principal du collège de sa ville, Eugène Nicolas Colomb, Marie-Louis-Georges est le quatrième enfant de la famille. Il étudie à Besançon. Le milieu de son enfance lui inspirera plus tard les décors du Sapeur Camember. Bachelier ès lettres à 16 ans, ès sciences à 18, il intègre l'École normale supérieure en 1878, où il obtient une licence de mathématiques, de sciences physiques puis de sciences naturelles (parmi ses condisciples figure Henri Bergson). À sa sortie, il épouse Hélène Jacquet en 1882 et enseigne les sciences naturelles au futur lycée Condorcet où il comptera parmi ses élèves le jeune Marcel Proust. En 1884, il est nommé professeur au lycée Faidherbe à Lille dont la cité va fortement l'inspirer pour la famille Fenouillard. Il passe son doctorat de sciences en 1887.
     
    Il complète son revenu par des dessins dans différents journaux et commence à faire paraître en 1889 les premières bandes de la famille Fenouillard, ce qui ne plaît guère à sa hiérarchie. Il continue ses publications sous le pseudonyme de Christophe (en référence à Christophe Colomb).
     
    De retour à Paris, il est nommé maître de conférences à la Sorbonne, où il termine sa carrière au poste de sous-directeur du laboratoire de botanique. Il est l'auteur de nombreux manuels scolaires en botanique comme en zoologie.
     
    Infatigable enseignant, il donnera des cours au collège Sévigné (Paris) jusqu'à 70 ans.
     
    Durant la Seconde Guerre mondiale, il se réfugie avec sa famille à Nyons, dans le sud de la Drôme. Il meurt des suites d'une occlusion intestinale. Il est enterré à Asnières.

     

    Citaions


     Sic itur ad astra lui disait chaque année l'homme éminent qui présidait la distribution solennelle des prix. « Oui, m'sieur », répondait Zéphyrin qui, épris de sciences exactes, n'avait rien compris à cette citation littéraire. (L'idée fixe du savant Cosinus)
     La vie, hélas ! n'est qu'un tissu de coups de poignard qu'il faut savoir boire goutte à goutte; et, je le dis hautement, pour moi le coupable est innocent! (Les facéties du sapeur Camember)
     Nonobstant, m'sieur l'major, que la discipline mélétaire elle n'est pas subséquente de la chose, j'voudrais vous serrer la pince. (Les facéties du sapeur Camember)
     Sachez, mes filles, que nous sommes des atomes jetés dans le gouffre sans fond de l'infini. (La famille Fenouillard)
     Quand la borne est franchie il n'est plus de limites. (La famille Fenouillard, chapitre "au seuil de l'éternité")
     Je connais Paris comme ma poche. Surtout en voiture, les sens interdits, les impasses, les raccourcis. J'aime les pavés et certains lieux qui m'impressionnent à la manière des surréalistes.


    Œuvre dessinée


     1887 premiers dessins dans des revues pour enfants
     Dans la revue le Petit Français illustré : La Famille Fenouillard, 53 feuilletons entre le 31 août 1889 et le 24 juin 1893,
     Les facéties du sapeur Camember, 55 feuilletons entre le 4 janvier 1890 et le 12 septembre 1896,
     L'idée fixe du savant Cosinus, 62 feuilletons entre le 9 décembre 1893 et le 23 novembre 1899, qui contient sa célèbre invention l'Anémélectroreculpédalicoupeventombrosoparacloucycle
     Les Malices de Plick et Plock, 55 revues en 10 ans entre 1893 et 1904.
     Le baron de Cramoisy (œuvre inachevée)
     
    Les douze commandements de Lord Curzon pour le temps de guerre, Paris, Armand Colin, sans date (1915), 28 pages.
     
    Le lecteur curieux remarquera la neutralisation puis la laïcisation de ses albums ; Artémise et Cunégonde, les deux filles Fenouillard, se marient à l’église : on les voit agenouillées avec le suisse à côté d’elles. Le sapeur Camember sort d'une église (qui pourrait aussi bien être un temple protestant) au bras de l'Alsacienne Victoire mais, quand on arrive au savant Cosinus, son (faux) enterrement est purement civil, comme l’est son mariage à la fin du livre (et pourtant madame Belazor était veuve et non divorcée).
     
    Christophe a aussi illustré de façon très spirituelle des récits délirants dont il n’était pas l’auteur : Le Triomphe de Bibulus, Les Trois Miracles d’Osiris et L’Héritage du Cousin Agathias, multipliant les anachronismes savoureux. (Contes antiques :textes de Ch. Normand, ornementations par Ruty, 1893, Armand Colin Éditeur. Plusieurs rééditions)


     


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  • La famille Fenouillard

    La Famille Fenouillard est une des premières bandes dessinées française parue à la fin du XIXe siècle.

    Christophe commence en 1889 dans le Journal de la Jeunesse puis dans le Petit Français illustré la publication des premiers épisodes en feuilleton de la Famille Fenouillard.

    Repris en album dès 1893 chez Armand Colin, la Famille Fenouillard marquera toute une époque par son humour.
     
    Cette critique caustique des mœurs de province met en scène les Fenouillard, bonnetiers à Saint-Rémy-sur-Deule (sis dans le département imaginaire de Somme-Inférieure).

    Agénor Fenouillard ayant convolé en justes noces avec Léocadie Bonneau, les fruits de leur union

    furent Artémise, l'aînée et Cunégonde, la cadette.

    Ils explorent d'abord la Normandie et embarquent malgré eux au Havre pour l'Amérique, rencontrent les Sioux, les trappeurs du détroit de Behring et enfin les Papous.

    Après un passage par la Perse et l'Égypte, ils finissent par revenir triomphalement à Saint-Rémy-sur-Deule.
     
    Ce tour du monde involontaire contraste avec l'immobilisme du savant Cosinus qui, lui, voulait voyager et ne dépassa pas les faubourgs de Paris.

    La Famille Fenouillard n'ignore pas en ce temps-là le renouveau de la bande dessinée française après les essais trop vite avortés des émules de Rodolphe Töpffer que sont Cham, Nadar et Gustave Doré

    Dans les toutes premières planches dessinées comprenant la fameuse famille, Fenouillard se nomme Cornouillet et habite Paris.

    On peut voir ces planches dans quelques albums consacrés à Christophe.

    Par la suite, celui-ci préféra placer son héros en province et le renommer Fenouillard, sans changer un iota à la composition de la célèbre famille ni aux traits de ses personnages.

     


    Quelques citations.
     « La perfide Albion qui a brûlé Jeanne d'Arc sur le rocher de Sainte-Hélène. »
     « Sachez, mes filles, que nous sommes des atomes jetés dans le gouffre sans fond de l'infini. »
     « On les y retrouva amaigris mais heureux, ayant trouvé une méthode simple pour l'addition des nombres à un chiffre basée sur le principe de la spirale logarithmique. »

    Adaptation
     1961 : La Famille Fenouillard réalisé par Yves Robert.

     


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    On trouve le semaine de Suzette sur les libraires, puces, brocantes,

    cote entre 30 et 150 euro suivant le numero

     


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  • Bibliographie sélective (albums uniquement)
     Bécassine, textes de Caumery (Maurice Languereau), édité par Gautier-Languereau à partir du 4.
     1.L'enfance de Bécassine, 1913
     2.Bécassine pendant la guerre, 1916
     3.Bécassine chez les alliés, 1917 (Édouard Zier participe au dessin)
     4.Bécassine mobilisée, 1918 (id.)
     5.Bécassine en apprentissage, 1919
     6.Bécassine chez les Turcs, 1919
     7.Les cent métiers de Bécassine, 1920
     8.Bécassine voyage, 1921
     9.Bécassine nourrice, 1922
     10.Bécassine alpiniste, 1923
     11.Les bonnes idées de Bécassine, 1924
     12.Bécassine au Pays Basque, 1925
     13.Bécassine, son oncle et leurs amis, 1926
     14.L'automobile de Bécassine, 1927
     15.Bécassine au pensionnat, 1928
     16.Bécassine en aéroplane, 1930
     17.Bécassine fait du scoutisme, 1931
     18.Bécassine aux bains de mer, 1932
     19.Bécassine dans la neige, 1933
     20.Bécassine prend des pensionnaires, 1934
     21.Bécassine à Clocher-les-Bécasses, 1935
     22.Bécassine en croisière, 1936
     23.Bécassine cherche un emploi, 1937
     24.Les mésaventures de Bécassine, 1938
     25.Bécassine en roulotte, 1939
     26.Bécassine au studio, 1992
     
    Hors série
     1.Alphabet de Bécassine, 1921 (réédition augmentée Bécassine maîtresse d'école, 1927)
     2.Les chansons de Bécassine, 1927
     Frimousset, scénario de Jean Nohain dit Jaboune, édité par Ferenczi à partir du numéro 3
     1.Les premières aventures de Frimousset, sans éditeur, 1923 (réédité en 1924 par La Maison de Jeunesse et en 1925 par Larousse sous le titre Frimousset chez tante Amelonde)
     2.Frimousset au collège, La Maison de Jeunesse, 1924
     3.Frimousset dans sa maison, 1927
     4.Frimousset hôtelier, 1928
     5.Frimousset dans sa péniche, 1929
     6.Frimousset milliardaire, 1930
     7.Frimousset fait du camping, 1931
     8.Frimousset directeur des grands magasins Amelonde, 1932
     9.Frimousset directeur de jardin zoologique, 1933
     10.Frimousset militaire, 1936
     Grassouillet, scénario de Jaboune, Ferenczi
     1.Grassouillet chez l'oncle Amelonde, 1928
     2.Grassouillet prend le train, 1928
     3.Grassouillet pêche à la ligne, 1928
     4.Grassouillet devient chasseur, 1929
     5.Grassouillet au bord de la mer, 1932
     6.Grassouillet chez Amulette, 1934
     La famille Amulette, scénario de Jaboune
     1.La famille Amulette à l'institution de Tamanoir, Plon, 1930
     2.Amulette de Filaplume, Berger-Levrault, 1932
     Histoires en images pour enfants sages, collectif publicitaire pour Blédina, 1933
     Délurette et Papaver, Chagor, pendant la Seconde Guerre mondiale
     Gai, gai, amusons-nous, collectif, SPE, 1940
     Plaisirs d'été, collectif, SPE, 1942
     L'Oncle Tontaine, Chagor, sans date
     Patounet, Giboulard & Cie, Chagor, sans date
     Gilles du maquis, scénario de Cloval (Cl. Vallele), Chagor, sans date
     Olive et Bengali, scénario de A. De Montgon, Chagor, sans date
     1.Olive et Bengali, 1946
     2.Olive et Bengali font le tour de France
     3.Olive et Bengali au pays des légendes
     Suzel, scénario de Raunay, sans date
     1.Suzel et la petite alsacienne, Chagor
     2.Suzel et le dragon vert, Sirec (réédité par Edicolor)
     Gringalou, scénario de Jean Noé, Chagor, sans date
     1.Les aventures de Gringalou
     2.Gringalou en Algérie
     3.Gringalou chez les brigands + L'Opale synthétique
     Les aventures de Fiammiferino de Luigi Bazzini. Histoire d’un pantin en allumette au Japon. Delagrave vers 1900


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  • Émile-Joseph Porphyre Pinchon, né le 17 avril 1871 à Amiens et décédé à Paris (Quatorzième Arrondissement) le 20 juin 1953[réf. nécessaire], est un illustrateur français, pionnier de la bande dessinée et précurseur de la ligne claire.
     
    Il se met à la peinture dès son plus jeune âge et devient élève de Cormon et d'Albert Besnard. Mais il décide de se tourner pour des raisons alimentaires vers l'illustration pour la presse en 1904, travaillant dans Le petit journal illustré de la jeunesse.
     
    L'année suivante il crée le personnage comique de Bécassine, dans La semaine de Suzette, pour des gags. À partir de 1913, sur des textes de Caumery, Bécassine vit des aventures "à suivre", ensuite publiées en albums. Pinchon dessine jusqu'à sa mort les aventures de cette bonne bretonne montée à Paris.
     
    Son activité ne se limite pas à cette série : il travaille pour Le Saint Nicolas, L'Écho de Paris et La France, créé en 1920 Frimousset, (avec Jaboune).
     
    Toujours en 1920, il réalise le film Mon village, tourné à Oberseebach en Alsace. Ce film retrace la vie d'une famille en trois époques. La première avant 1870, la deuxième entre 1870 et 1914, et enfin après 1918. C'est un film rare, qui plus est est, un des premiers tournés en Alsace. Ce film a été diffusé au Relais culturel de Wissembourg le 5 février 2009 et à l'espace culturel de la Saline de Soultz-sous-Forêts le 6 février 2009. C'est un film obtenu par les Archives du film français, du CNC, des droits René Chateau qui ont été d'accord pour la diffusion du film et enfin la Cinémathèque française.
     
    Durant la Seconde Guerre mondiale, il crée toujours avec le même auteur La Famille Amulette et Grassouillet dans Benjamin, puis une fois les hostilités finies, il travaille dans le magazine belge Wrill pour lequel il crée Gilles du Maquis, Gringalou, Olive et Bengali, Suzel, etc.
     
    Il est inhumé au cimetière Saint-Acheul (ancien) d'Amiens.

     


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  • Jacqueline RivièreJacqueline Rivière

    Cette toujours jeune héroïne, qu'on a surnommée Bécassine, sans doute parce qu'elle vivait à Clocher-les-Bécasses et que les bécasses de son pays, ont le bec plus long que son petit bout du nez, de son vrai nom Annaïck Labornez est née, sur le papier, le 2 février 1905, sous les crayons de Joseph Porphyre Pinchon et la plume de Jacqueline Rivière, la rédactrice en chef du journal de Suzette.


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    Bécassine est un personnage de bande dessinée créé par Émile-Joseph-Porphyre Pinchon en 1905 et apparu pour la première fois dans le premier numéro de La Semaine de Suzette, magazine pour fillettes, le 2 février 1905.

    Histoire
     
    Initialement prévue pour boucher une page blanche de la revue, l'histoire, écrite par Jacqueline Rivière née Jeanne Joséphine Spallarossa (1851-1920) épouse de J. H. Bernard de la Roche, rédactrice en chef du magazine La Semaine de Suzette, et dessinée par Joseph Pinchon (1871-1953), et qui relatait une bévue commise par la bonne bretonne de l'auteur, rencontra un tel succès que de nouvelles planches paraîtront régulièrement, toujours en guise de remplissage ponctuel.
     
    Toutefois, à partir de 1913, Bécassine, dont on apprend à cette occasion le vrai nom (Annaïck Labornez) deviendra l'héroïne d'histoires beaucoup plus structurées, toujours dessinées par Pinchon, mais dont les scénarios seront l'œuvre de Caumery, pseudonyme de Maurice Languereau (1867-1941), neveu et associé d'Henri Gautier dans la maison d'édition Gautier-Languereau, éditrice de la Semaine de Suzette.
     
    De 1913 à 1950 sont parues plusieurs aventures de Bécassine, toutes dessinées par Pinchon (sauf deux, dessinées par Édouard Zier) et scénarisées par Maurice Languereau jusqu'en 1941 (année de son décès), remplacé, de 1948 à 1950, par d'autres personnes signant « Caumery ». D'autres albums et recueils sont parus après la mort de Pinchon en 1953, notamment une série dessinée par Trubert à partir de 1959. Voir la section « Album parus » pour la liste complète.
     
    Survenue trois ans avant Les Pieds Nickelés, la naissance de Bécassine est aussi celle de la bande dessinée moderne, la transition entre les histoires illustrées et la vraie bande dessinée. Son style de dessin, au trait rond, vif et moderne, inspirera une ligne graphique, la ligne claire, dont 25 ans plus tard Tintin sera le plus beau fleuron.
     
    Tombée un peu dans l'oubli, Bécassine reviendra sur le devant de la scène grâce au tube de Chantal Goya « Bécassine, c'est ma cousine » vendu à plus de 3 millions d'exemplaires en 1979.
     
    Depuis, et en réaction, le chanteur et guitariste breton Dan Ar Braz, qui a représenté la France à l'Eurovision en chantant en breton, a mis à son répertoire une chanson où il dément pour son compte : Bécassine, ce n'est pas ma cousine !
     
    À la même époque l'émission de télévision Le Bébête show présentait Jean-Marie Le Pen sous la forme d'une marionnette parodiant l'héroïne : « Pencassine ».


    Bécassine et la Bretagne
     
    Ce personnage de Bécassine est souvent mal perçu par les Bretons (certains condamnent toutes ces rééditions, reprises, commémorations...)1,2. Le Trésor de la langue française écrit à propos du terme « bécassine » : « fig., péj. Femme stupide ou ridicule (...) le sens de « pers. niaise » est peut-être lié au nom de l'héroïne bret. de bandes dessinées due à Maurice Longuereau et J.-P. Pinchon dont les premières aventures furent publiées à partir de 1905 dans la Semaine de Suzette. » À l'entrée « Bécassine », le dictionnaire français Larousse donne comme acception familière : « Jeune fille sotte ou naïve »3, proche de celle de l'encyclopédie Encarta : « jeune fille un peu niaise »4. On remarquera cependant que le Grand Larousse encyclopédique en 10 volumes de 1960 ne donne à « bécassine » aucune autre définition que celle de l'oiseau et pour « Bécassine » écrit simplement : « Type de bonne bretonne, brave mais étourdie, créée par le dessinateur et peintre Joseph Pinchon », sans aucune allusion à sa prétendue sottise, contrairement au Nouveau Petit Larousse illustré de 1949, dans lequel on peut lire à la même entrée : « Jeune fille sotte ou trop naïve »5, mais sans qu'on indique le moindre lien avec le personnage de la Semaine de Suzette. Le Dictionnaire encyclopédique Hachette de 1994 indique en revanche : « Jeune fille sotte et naïve (en référence au personnage de Bécassine dessiné en 1905 par Pinchon »6.
     
    Pour certains, le personnage créé par Émile-Joseph-Porphyre Pinchon en 1905 représentait la bonne « provinciale » telle que la voyaient les élites bourgeoises parisiennes et, sur la base de son costume, elle serait plutôt Picarde. C'est en 1913 que la scénariste d'origine madame Rivière est remplacée par monsieur Languereau, qui fit du personnage une Finistérienne.
     
    Un groupe de Bretons agit le 18 juin 1939 au Musée Grévin à Paris, pour détruire la statue en cire du personnage7. Patrick Guerin, l'un des acteurs de l'époque, s'est livré auprès des Éditions Dalc'homp Sonj en 1983. L'adaptation de la bande dessinée au cinéma par Pierre Caron dans Bécassine en 1939, avec l'actrice Paulette Dubost dans le rôle titre crée un tollé de protestation en Bretagne8,9.
     
    De nombreux universitaires ou chercheurs montrent que le personnage de Bécassine tel qu'il transparait à travers la plupart des albums témoigne de la vision négative que la bourgeoisie parisienne avait du menu peuple breton10. James Eveillard et Ronan Dantec, qui ont consacré un ouvrage à la représentation des Bretons dans la presse illustrée française, définissent Bécassine comme l'« incarnation du mépris dont les Bretons ont souvent souffert »11. Alain Croix et Christel Douard parlent littéralement de « syndrome de Bécassine » quant à eux12.
     
    Elle est habituellement dessinée sans bouche... « pour ne pas protester en breton estimèrent nombre de militants bretons »13.
     
    Dans La Bretagne, ouvrage publié dans la collection « idées reçues », François de Beaulieu voit dans ce personnage un « mélange de bonté et de bêtise entêtées qui puise ses racines dans le vieux mythe de la "Bretagne arriérée mais pure" ». Selon lui, dans les années 1970, l'image de Bécassine change en raison de divers détournements, comme par exemple sur une affiche d'Alain Le Quernec qui la présente le poing dressé, protestant contre les marées noires répétitives qui souillent alors les côtes bretonnes14.
     
    Henri Boyer, professeur en sciences du langage à l'Université de Montpellier III, indique que les différents épisodes de Bécassine fondent cependant « sa réputation de simple d'esprit » et que l'époque de la Bretagne romantique est alors révolue. « L'image du Breton têtu, courageux, borné, plouc, alcoolique s'impose. Le plus grave est sans doute la manière dont les Bretons ont eux-mêmes intégré cette image qui leur est renvoyée, il est vrai, de multiples façons »15.
     
    En réaction au succès de la chanson de Chantal Goya, le chanteur et guitariste breton Dan Ar Braz, qui a représenté la France à l'Eurovision en chantant en breton, a mis à son répertoire une chanson par laquelle il réfute cette vision condescendante : ce titre est intitulé Bécassine, ce n'est pas ma cousine !
     
    En 1995, à l'occasion des 90 ans du personnage, le journal France-Soir se demande à propos de Bécassine : « Est-elle devenue moins gourde ? ».
     
    Dans un ouvrage de vulgarisation paru en 2003, l'historien Jérôme Cucarull explique que l'Histoire économique de la Bretagne a récemment tiré profit d'une recherche fructueuse qui a abouti notamment à rectifier nettement l'image qui prévalait jusqu'« il n'y a pas encore si longtemps », « d'une Bretagne rurale arriérée dont Bécassine pouvait constituer un symbole commode »16.
     
    La poste française sort en avril 2005 un timbre-poste à l'effigie de Bécassine, à l'occasion du centenaire de la parution de sa première (més)aventure suscitant la réprobation de plusieurs associations bretonnes17. Quelques semaines plus tôt, un article du Nouvel Observateur évoquait « les aventures d'Annaïck Labornez, dite Bécassine, la petite Bretonne au cœur d'or, naïve ô combien ! »18.
     
    Mais à d'autres occasions, les Bretons la reprennent à leur compte. Par exemple le magazine de bandes dessinées rennais Frilouz, dont le numéro 0, partiellement repris dans le numéro 8 (février-mars 1984), était un « Spécial Bécassine ».
     
    C'est contre cette vue négative que s'élève Bernard Lehembre dans Bécassine, une légende du siècle (Gautier-Languereau, 2005), en citant des exemples : il rappelle qu'on la retrouve en motocyclette, en aéroplane, en automobile et qu'elle est confrontée au téléphone. Un article de l'Express fait observer lui aussi qu'« elle a escaladé les Alpes, conduit des voitures et piloté un avion. Elle s'est même essayé au cinéma, moderne et trépidante, nonobstant sa coiffe blanche et son parapluie rouge » et mentionne que Françoise Dolto avait signalé ses albums « comme des modèles d'une éducation moderne et d'une compréhension de la psychologie enfantine ».
     
    On aperçoit d'ailleurs dans Alias Caracalla de Daniel Cordier (Gallimard, 2009) le heurt entre un Breton complexé qui s'imagine que tout le monde se moque de sa région et un non-Breton qui a énormément apprécié les albums de Bécassine et tombe des nues qu'on puisse y voir la moindre attaque contre la culture bretonne ni les Bretons.

     


    La situation est en fait très compliquée et il faut remarquer que ceux qui parlent de racisme dans Bécassine ne citent jamais d'exemples réels tirés des albums ou en donnent pris à contre-sens. Il faut convenir qu'au début du XXe siècle les histoires bretonnes tiennent la place des histoires belges de naguère et c'est bien de cette façon qu'apparaît Bécassine la Bretonne dans les premières planches de la Semaine de Suzette qui la montrent dans des épisodes courts ne constituant pas une histoire suivie. C'est la brave fille naïve à qui son ignorance de la vie parisienne ne cesse de faire faire des faux-pas. C'est ainsi qu'elle ne sait pas ce qu'est un homard ; sa maîtresse lui a simplement dit que c'est tout rouge et que, quand il arrivera, il faudra le mettre à l'office. Elle envoie donc à l'office le colonel en uniforme rouge que la marquise de Grand Air avait invité à déjeuner.
     
    En réalité, ce sont tous les paysans qui, à l'époque, sont considérés comme des incultes par la bourgeoisie. Guy de Maupassant n'hésite pas à écrire à leur propos : « ... et ces fils des champs, plus proches des bêtes » (« Le papa de Simon », dans La Maison Tellier). Et les braves citadins de Normandie, lecteurs de Maupassant, appréciaient les expressions de ce genre. De la même façon, les filles de la bourgeoisie bretonne lisaient les mésaventures de cette paysanne sans se sentir visées pour autant.
     
    Seulement, le succès du personnage incite les éditeurs à en faire une héroïne à part entière et étant donné le mécanisme d'identification au moins partielle chez les lectrices, il n'est plus question de la présenter comme complètement ridicule. Dans L'Enfance de Bécassine les erreurs qu'elle commet sont celles d'une petite fille naïve et qui a trop bon cœur, mais les autres enfants qui l'entourent sont autrement délurés, soit farceurs comme son cousin Joël, soit même assez méchants comme sa cousine Marie Quillouch. Il semble que les auteurs se soient à l'occasion un peu renseignés sur la Bretagne et c'est au contraire un aspect sympathique qu'ils en présentent avec le village de Clocher-les-Bécasses.
     
    Arrive la guerre au cours de laquelle Bécassine est en quelque sorte mobilisée pour combattre l'adversaire au cours d'albums sur lesquels on peut passer et plongeons-nous dans un récit comme Bécassine, son oncle et leurs amis. Nous la voyons servir de guide à des gens de son village qui désirent visiter l'Exposition de Paris ; là encore ces provinciaux en costume breton vont connaître des mésaventures liées à leur ignorance de la vie parisienne. Mais un autre côté est à considérer : la Guerre a changé toutes les données dans la vie sociale, les petites lectrices s'en rendent compte en entendant parler leurs parents et la Semaine de Suzette essaie d'en tenir compte. Tandis que la marquise de Grand Air commence à éprouver des difficultés financières (elle sera bientôt obligée de quitter son hôtel particulier, loué à un Américain, ce qui est tout un symbole), les paysans de Clocher-les-Bécasses se sont maintenant enrichis avec la hausse du prix de la viande de porc et ils ont envie de visiter Paris. Le renversement est significatif. Au cours d'un épisode un peu compliqué, tout le monde se retrouve dans un grand restaurant où l'on mange des truffes et où l'on boit du champagne ; arrive l'addition forcément corsée, l'oncle Corentin, maire du village demande à chacun une petite somme et paye le reste. La petite lectrice de l'époque se rend alors compte que ce paysan est capable de sortir de sa poche une somme qui paraîtrait bien grosse à ses parents.


    Albums originaux de J.-P. Pinchon[modifier]
     
    De 1913 à 1950 sont parues, dans le périodique illustré La Semaine de Suzette, 27 aventures complètes de Bécassine, presque toutes dessinées par Joseph Porphyre Pinchon et scénarisés par l'éditeur Maurice Languereau dit "Caumery" (décédé en 1941). Les aventures ont été reprises dans des albums normalement parus à la fin des publications sur le magazine. Deux aventures ont pourtant été dessinées par Édouard Zier, comme Pinchon était mobilisé pendant la Première Guerre mondiale. Les aventures parues après la Seconde Guerre mondiale ont été scénarisées anonymement par des auteurs signant « Caumery » (Les Petits Ennuis de Bécassine pourrait avoir été scénarisé par Madeleine-Henriette Giraud, rédactrice en chef de la Semaine de Suzette de 1927 à 1949, tandis que Bécassine au studio semble avoir été écrit par un journaliste du Figaro ayant conservé l'anonymat). Cette suite historique comporte aussi trois « hors série » qui sont paru comme albums mais qui n'ont jamais été publiés dans la Semaine de Suzette en raison du fait que ce ne sont pas des aventures.
     
    Les premières éditions des album comptent 64 pages avant 1937, mais seulement 48 après (le premier album "court" est Bécassine cherche un emploi). Cependant, certaines rééditions des années '50-'60 ont été abrégées en 48 pages. Les hors-série sont encore plus courts. La liste suivante présente les titres des albums de Bécassine par année de première parution de l'aventure, et la date de parution de l'album (parfois distante de plusieurs années)
     


    1
     
    L'Enfance de Bécassine
     
    1913
     


    2
     
    Bécassine en apprentissage a
     
    1919
     


    3
     
    Bécassine pendant la Guerre b
     
    1916
     


    4
     
    Bécassine chez les Alliés
     
    1917
     


    5
     
    Bécassine mobilisée
     
    1918
     


    6
     
    Bécassine chez les Turcs
     
    1919
     


    7
     
    Les Cent Métiers de Bécassine
     
    1920
     


    8
     
    Bécassine voyage
     
    1921
     


    -
     
    L'Alphabet de Bécassine c
     
    1921
     


    9
     
    Bécassine nourrice
     
    1922
     


    10
     
    Bécassine alpiniste
     
    1923
     


    11
     
    Les Bonnes Idées de Bécassine
     
    1924
     


    12
     
    Bécassine au Pays Basque
     
    1925
     


    13
     
    Bécassine, son oncle et leurs amis
     
    1926
     


    14
     
    L'automobile de Bécassine
     
    1927
     


    -
     
    Les Chansons de Bécassine c
     
    1927
     


    15
     
    Bécassine au pensionnat
     
    1928
     


    -
     
    Bécassine maîtresse d'école cd
     
    1929
     

     


    N.
     
    Titre
     
    An album
     


    16
     
    Bécassine en aéroplane
     
    1930
     


    17
     
    Bécassine fait du scoutisme
     
    1931
     


    18
     
    Bécassine aux bains de mer
     
    1932
     


    19
     
    Bécassine dans la neige
     
    1933
     


    20
     
    Bécassine prend des pensionnaires
     
    1934
     


    21
     
    Bécassine à Clocher-les-Bécasses
     
    1935
     


    22
     
    Bécassine en croisière
     
    1936
     


    23
     
    Bécassine cherche un emploi
     
    1937
     


    24
     
    Les mésaventures de Bécassine
     
    1938
     


    25
     
    Bécassine en roulotte
     
    1939
     


    26
     
    Les Petits Ennuis de Bécassine e
     
    2005
     


    27
     
    Bécassine au studio f
     
    1992
     

    Notes:
     a.Paru dans la Semaine de Suzette en 1914.
     b.Retitré Bécassine pendant la Grande Guerre en 1968.
     c.Hors série.
     d.Basé sur l'Alphabet de Bécassine.
     e.Paru dans la Semaine de Suzette en 1948.
     f.Paru dans la Semaine de Suzette en 1950.

     


    Albums originaux de J. Trubert
     
    D'autres albums et recueils sont parus après la mort de Pinchon en 1953, notamment une série dessinée par Jean Trubert à partir de 1959. Le scenario de Bécassine revient est signé par Camille François "d'après Caumery et J.-P. Pinchon", celui des autres par "Vaubant" (pseudonyme collective de Robert Beauvais et Pierre Tchernia). Les album d'aventures ont 44 pages, mais L'Alphabet Bécassine seulement 30. Ces albums ne sont plus actuellement réédités.
     

     

    N.
     
    Titre
     
    An album
     


    -
     
    Bécassine revient a
     
    1959
     


    -
     
    L'Alphabet Bécassine bc
     
    1961
     


    -
     
    Bécassine mène l’enquête b
     
    1962
     

     

    Notes:
     a.Scenario par Camille François.
     b.Scenario par "Vaubant".
     c.Indépendant de L'Alphabet de Bécassine de Pinchon.


    Autres albums
     
    Titres à reclasser (dates de parutions non connues) : certains de ses albums sont peut-être sans rapport avec la série « historique » (recueils d'historiettes écrites et dessinées avant 1913, et albums postérieurs à la mort de Pinchon en 1953).
     Bécassine aux Amériques
     Bécassine et la petite Loulotte
     La Franchise de Bécassine
     Le Noël de Bécassine
     Les Aventures de Bécassine (probable recueil d'historiettes antérieures à 1913)
     Les Exploits de Bécassine
     Les Animaux de Bécassine
     Les Plaisirs de Bécassine
     Les Premiers Pas de Bécassine
     Les Promenades de Bécassine
     Les Quatre Saisons de Bécassine
     Les Rencontres de Bécassine
     Les Souvenirs de Bécassine (collectif, postérieur à 1953)
     Les Talents de Bécassine (collectif, postérieur à 1953)
     Sacrée Bécassine !
     Les Trouvailles de Bécassine
     Quelle star, cette Bécassine !
     Plus vite, Bécassine !
     Pas de panique, Bécassine ! (collectif, postérieur à 1953)
     Pas de chance, Bécassine !
     Marie Quillouch et Bécassine
     Loulotte et Bécassine
     Les Vacances de Bécassine


    Adaptation cinématographique
     Bécassine (1939), réalisé par Pierre Caron, sur un scénario de Jean Nohain et des dialogues de René Pujol, avec Paulette Dubost dans le rôle de Bécassine.
     Bécassine, le trésor viking, un dessin animé, sorti en 2001.


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  • Aesop's Fables

    Aesop's Fables

     

     

    Logo du générique de film des Aesop's Fables Les Aesop's Fables étaient une double série de courts métrages d'animation créés par le dessinateur américain Paul Terry. La première était nommée Aesop's Film Fables1 et était principalement du cinéma d'animation muet tandis que la seconde comprend du son et a été ainsi baptisée Aesop's Sound Fables.   Terry trouva l'inspiration pour la série grâce au jeune acteur, depuis écrivain) Howard Estabrook qui lui suggéra de faire des dessins basés sur les fables d'Ésope. Bien que Terry ait plus tard avouée il n'avait jamais entendu parler d'Ésope, il a estimé que l'idée d'Estabrook avait quelque chose de valable. Terry fonde alors immédiatement un nouveau studio baptisé Fables Studios, Inc. et reçoit le soutien du circuit de cinéma Keith-Albee Theatre.  

     

    Farmer Al Falfa dans "Amateur Night on the Ark" (1923) La série fut lancée le 13 mai 1921 avec The Goose That Laid the Golden Egg (la poule aux œufs d'or). Seules les premiers films était des adaptations, mauvaises, des fables originales. Les épisodes suivants tournaient autour de chat, de souris et du Farmer Al Falfa, un fermier contrarié. Chaque film se terminait par une "morale" qui n'avait jamais rien à voir avec le dessin animé en lui-même. Mannie Davis, un membre de l'équipe de Terry, émis une fois la remarque que les morales étaient souvent "bien plus drôle que le dessin animé entier". Terry déclara lui que "le fait qu'ils soient ambigus les rendaient drôles".   La série fut très populaire dans les années 1920. Walt Disney admit que ses premières ambitions dans l'animation étaient d'atteindre une qualité comparable à celle de Paul Terry. Avec le succès du film parlant avec Al Jolson, Le Chanteur de jazz en 1927, le producteur Amadee J. Van Beuren réalisa le potentiel des films parlants et demanda à Terry de réaliser des films avec du son synchronisé. Terry répliqua que cela compliquerait la production. Il produisit toutefois des films parlants et rebaptisa sa série Aesop's Sound Fables. Le premier fut Dinner Time (14 octobre 1928) mais le succès de Mickey Mouse dans Steamboat Willie éclipsa le studio de Terry au profit de celui de Walt Disney.   En 1929, Terry quitta le studio Fable Studios, Inc., John Foster reprit la série sous la direction de la Van Beuren Corporation et elle prit fin en 1933.


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